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Collection Oralbums – Retz

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J’ai emprunté  Le lièvre et la tortue dans la colletion Oralbums (Retz). Il s’agit d’un grand livre cartonné, relié avec des spirales : la page de gauche est consacrée aux textes, celle de droite à l’illustration. Les textes sont de difficultés croissantes (texte court pour les PS, un peu plus long pour les MS puis pour les GS). Un CD est fourni avec l’album, afin que l’enfant puisse consulter le livre en toute autonomie.

Le lièvre et la tortue

Au départ, je trouvais l’idée sympathique. Mais j’ai vite déchanté… Le premier texte m’a paru un peu bizarre, mais je l’ai lu tel quel…  Le second aussi… Mais au troisième, je n’ai pas pu m’empêcher de changer les phrases, et de rétablir une syntaxe correcte !

Un extrait du quatrième texte « Alors, la course, elle va commencer. La tortue, elle crie: »

La présentation de la collection indique qu’un « Oralbum met en oeuvre les structures de l’oral. Si dans un album caractéristique de l’écrit, on trouve par exemple la phrase « Le lièvre rigole parce que la tortue ne sait pas courir« , dans un Oralbum, on trouvera la forme cartactéristique de l’oral « ‘Le lièvre, il rigole, parce qu’elle (ne) sait pas courir, la tortue. »  »

Un peu plus loin,  on peut lire « Les négations sont indiquées entre parenthèses (ne), ce qui laisse chacun libre de les dire ou non. En revanche, les y’a de l’oral ont été préférées aux il y a »

C’est donc ainsi que l’on apprend aux enfants de Petite Section à parler… en omettant les négations, et en ne respectant aucune syntaxe !

« Des albums qui favorisent la construction de la syntaxe et l’enrichissement du vocabulaire » : alors là, je ne vois pas comment des enfants de petites sections qui entendent « y’a » vont pouvoir en déduire qu’en réalité, cela se dit et s’écrit « il y a » …

Je ne cite que les exemples pour la petite section, mais l’album est conçu sur le même principe de « l’oralité » pour les autres sections de maternelle. En MS : « Le lièvre, il est très en colère parce qu’il a perdu. », en GS : « Mais, quand le lièvre, il est arrivé tout essouflé… »

Charlotte Mason combattait les manuels scolaires parce qu’ils étaient fades et sans âme… mais ces albums dépassent toutes les attentes : ils sont fades, le vocabulaire est pauvre, et la syntaxe y est malmenée. Je ne vois pas en quoi cela aide l’enfant que de « raconter » l’histoire avec un langage appauvri. D’autant que cela laisse accroire que le parent ou le professeur n’est pas capable de conter une histoire à l’oral sans un support pré-établi bourré de fautes !

 

 

 

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6 commentaires

  1. Véro dit :

    Je suis complètement d’accord avec toi. Les enfants, même très jeunes, apprécient d’entendre une Fable de Jean de la Fontaine dans son texte initial. L’autre jour, j’ai acheté un beau livre qui regroupe plusieurs fables…mon fils de 2 ans 1/2 en raffole ! Depuis, il réclame les fables, même sans livre (en voiture par ex) il me demande de lui réciter une fable…
    J’aime beaucoup ton blog;)

    • isableue dit :

      Oui, les enfants aiment les beaux textes 🙂 ! Tout comme nous ! Merci de ton appréciation, c’est toujours agréable à lire ;)…

  2. Philippe Boisseau dit :

    Vous êtes sur la même position que Bentolila. Dans son rapport sur la maternelle, il était partisan de l’inculcation massive en maternelle des formes de l’écrit : lire aux enfants dès 3 ans deux fois par jour des écrits les plus différents possible de l’oral. Or, dans telle émission sur RMC (« Le blog des grandes gueules »), où il était invité à défendre son rapport, il se montrait efficace en utilisant comme phrases simples surtout des phrases de base de l’oral à sujet pronominal :
    « Iz ont passé 14 ans dans les murs de notre école »,
    pas mal de détachements que l’académisme réprouve :
    « Ces enfants-là, iz apprennent très mal à lire. »,
    très peu de « déclaratives simples » :
    « La situation de la Finlande est très différente de la nôtre. »
    la plupart de ces phrases simples de l’oral étant additionnées en phrases très complexes en qui, de infinitif, parce que, que, pour qu’i, ce qui, gérondif, si, alors que, du genre :
    « Parce que je donne à l’école maternelle une mission fondamentale qui est de livrer au cours préparatoire des enfants qui ont une langue orale suffisamment « costaud » pour qu’i puissent entrer dans l’apprentissage de la lecture avec une chance de s’en sortir. »
    Au total, pour être efficace, Bentolila met en oeuvre une syntaxe tout à fait orale, n’ayant rien à voir avec celle de l’écrit. Il parle comme un oralbum !

  3. Boisseau Philippe dit :

    Pousser les enfants à enlever leurs pronoms. Ne pas dire :
    Alexandre, il arrive à grimper.
    mais :
    Alexandre arrive à grimper.
    Ne pas dire :
    Elle passe par l’échelle, ma copine.
    mais :
    Ma copine passe par l’échelle.
    Les pousser à s’interdire les y’a ou les y’a…qui. Ne pas dire :
    Y’a mon copain qui s’cache dans la maison.
    mais :
    Mon copain se cache dans la maison.
    autement dit, inculquer trop précocément la déclarative simple, l’atome de base de l’écrit, non de l’oral, est une erreur stratégique considérable qui pour les enfants complique considérablement la complexification qui peut seule leur assurer l’aisance oratoire. Ils sont capables de :
    J’vais arriver la première parce qu’elle passe par l’échelle, ma copine.
    J’arrive à la maison où y’a mon copain qui s’cache.
    bien avant d’être capables de :
    J’vais arriver la première parce que ma copine passe par l’échelle.
    J’arrive à la maison où mon copain se cache.
    Les i, les pronoms, les y’a, les ya…qui, c’est comme de l’huile dans les rouages de la complexification qui peut seule les mener à l’efficacité oratoire. Parler en une suite de déclaratives simples n’a jamais assuré à personne une quelconque efficacité à l’oral. Inculquer la déclarative simple de l’écrit dans l’oral enfantin, c’est substituer au matériau qui était disponible pour permettre dans les meilleures conditions la partie la plus importante de la construction qu’ils ont à réaliser un autre matériau dont ils sont incapables de se servir.

    • Isableue dit :

      Je crois sincèrement que ce n’est pas le rôle d’un support écrit que d’enseigner l’oral. J’aime lire des histoires à mes enfants : elles doivent être « bien écrites ». Et lorsque mes enfants me la racontent, ils utilisent naturellement le langage oral (avec des y’a, des oublis de négation…), que je ne corrige pas systématiquement. Je trouve dommage de proposer à l’adulte de lire un langage oral.

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